jeudi 1 novembre 2012




Dans le cadre des vases communicants de novembre 2012
"Ne pas écrire pour, mais écrire chez l'autre" 
Lien et rendez-vous ici ou ici.



Pour ce mois de novembre, c'est Eric Dubois que je reçois ici, qui dédie son texte des vases communicants à Maryse Hache. 

Vous trouverez ma participation à cet échange sur le site: http://ericdubois.net


Eric Dubois est né en 1966 à Paris. Auteur de plusieurs ouvrages de poésie dont  entre autres « L’âme du peintre » ( publié en 2004) ,  « Allée de la voûte »(2008), « Les mains de la lune » »(2009), « Ce que dit un naufrage »(2012) aux éditions Encres Vives, « Estuaires »(2006) aux éditions Hélices ( réédité aux éditions Encres Vives en 2009), « C'est encore l'hiver »(2009) , « Radiographie » , « Mais qui lira le dernier poème ? » (2011) sur www.publie.net, « Mais qui lira le dernier poème ? » aux éditions Publie.papier « Entre gouffre et lumière » (2010) chez L'Harmattan ,« Le canal », « Récurrences » (2004) , « Acrylic blues »(2002) aux éditions Le Manuscrit. Participation à de nombreuses revues.  Textes inédits dans les anthologies  Et si le rouge n 'existait pas ( Editions Le Temps des Cerises, 2010) et Nous, la multitude ( Editions Le Temps des Cerises, 2011), Pour Haĩti ( Editions Desnel, 2010) , Poètes pour Haĩti (L'Harmattan, 2011), Les 807, saison 2 ( Publie.net, 2012), Dans le ventre des femmes ( Bsc Publishing, 2012) ... Responsable de la revue de poésie en ligne « Le Capital des Mots ». Blogueur : « Les tribulations d'Eric Dubois ».






Comme
l'idée précise


Le partage des voix


Il y a ce qu'impose le temps
dans sa mesure


Le plain-chant


Il faut tamiser son organisation


L'idée d'un dernier recours
supporte le présent


Le poème sait trouver l'écho
si son choeur s'est niché dans l'écorce







Octobre 2012



ERIC DUBOIS



Que sont les vases communicants?




Emprunté à Pierre Ménard:  

          « François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »



Liste des vases communicants de novembre:

Mathilde Roux http://www.mathilderoux.fr/ et Jean-Marc Undriener http://www.fibrillations.net/




François Bonneau http://irregulier.blogspot.fr/ et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/
Christine Leininger http://les-embrasses.blogspot.fr/ et Camille Philibert-Rossignol http://camillephi.blogspot.fr/
Martine Horovitz Silver http://marsupilamima.blogspot.fr et Valérie Pascual http://encrebleunuit.blogspot.fr/
Déborah Heissler http://deborahheissler.blogspot.fr/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/
Catherine Désormière http://desormiere.blog.lemonde.fr/ et Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com
Madame de Keravel http://depluspres.blogspot.fr/ et Dominique Autrou http://dom-a.blogspot.fr/
Eve de Laudec http://www.evedelaudec.fr/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.fr 

jeudi 4 octobre 2012

Le calendrier de l’après Par Eve de Laudec



Dans le cadre des vases communicants d'octobre 2012
"Ne pas écrire pour, mais écrire chez l'autre" 
Lien et rendez-vous ici ou ici.


 
C'est à partir d' une œuvre de Guy Garnier, “Le calendrier de l’après », qu' Eve de Laudec et moi échangeons ce mois-ci.  Je remercie Eve pour cette proposition, et vous invite à découvrir l'ensemble des œuvres de l'artiste http://www.guy-garnier-collages.com/ 
Vous trouverez ma contribution à cet échange sur le site l'Emplume et l'écrié:  http://evedelaudec.fr/cooperations/les-vases-communicants/index.php



Le calendrier de l’après 




















Tu ne me vois pas.


Mon nez collé à la croisée givrée a pris glace, tant j’ai scruté ton antre rieur, imaginant une faille dans ton entêtement, dans ce bois de croix bois de fer qui solive ta vie, mais aucune invite à entrer. Ni souffle ni buée ne viendront le détacher, ce morceau de chair est devenu silice. Tu pourras tenter de gratter ma narine, nul doigt n’y pénètrera plus, excroissance indécente incrustée à toujours, signe inaltérable de ma présence.
Je suis le cristal de l’avant où tu répugnes te mirer. Ton souvenir.


Tu ne m’entends pas.


Mes poings charbonniers crispés d’engelures ont cogné à la vitre, ne discernes-tu donc pas le crissement des ongles dans mes paumes ? Ne veux-tu percevoir le clapotis des gouttes du temps peignant ma nuit de fluides rubis? Es-tu devenu sourd au ressac de l’âme d’hier ?
Je suis ta douleur révoltée, celle qui ondulait sous tes mots gémit maintenant son expulsion.


Tu ne me sens pas.


Tu as verrouillé ta chaleur, à mes frissons tu as interdit l’entrée. Tentation de capter ton esprit par des subterfuges de pomme candie, d’effluves cannelle, tu sais, quand l’espoir crépite à fleur de regard et s’envole pour le grand huit, quand les novas bousculent la nacre poudreuse, je t’invente même un horizon outre-mer où tremblent les raie-sirènes… mais tu n’éprouves rien qu’outre-tombe.
Tu t’émerveilles d’une lumière nouvelle, mais son halo encadre déjà les gestes de ton cœur, s’ils désordonnaient en travers…Prisonnier, ton chavire est occulté.
Je suis ta mémoire chassée de l’âtre, laissée sur le carreau. L’omise.

Tu peux fermer les volets.


Eve de Laudec 24 septembre 2012

Vases communicants d’octobre 2012




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Que sont les vases communicants?




Emprunté à Pierre Ménard:  

          « François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »



Liste des vases communicants d'Octobre: 





Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/
Anne-Charlotte http://feenmarges.blogspot.fr/ et Camille Philibert-Rossignol http://camillephi.blogspot.fr/
Elisabeth Legros-Chapuis http://2012fragmentaire.wordpress.com/ et Philippe Aigrain http://www.atelierdebricolage.net/
Danielle Carlès http://fonsbandusiae.over-blog.com/ et Dominique Hasselmann http://doha75.wordpress.com/
Isabelle Pariente-Butterlin http://www.auxbordsdesmondes.fr/ et Laure Morali http://www.lauremorali.net/
Christopher Selac http://christopherselac.livreaucentre.fr et Brigitte Célérier

vendredi 7 septembre 2012

Corps en jachère



Dans le cadre des vases communicants de septembre 2012
"Ne pas écrire pour, mais écrire chez l'autre" 
Lien et rendez-vous ici ou ici.

Yoxigen http://yoxigen.blogspot.com et moi nous sommes envasés ensemble ce moi-ci. Envasement dans le flou du thème du corps, de la manière de "l'habiter", de le sentir, s'y sentir...

Nous avons mis un moment pour trouver une approche, un thème, un entrée... Bon, de la part des retardataires ou attendeurs-de-l'urgence que nous sommes, ce n'est pas non plus très surprenant. 
Son blog, il est un peu au ralenti, oui... C'est vrai que les posts ne se bousculent pas. Mais c'est un lieu, je trouve, où l'on se sent bien... Peut-être simplement parce qu'il porte sa trace...  

De mon coté, je suis très heureuse d'accueillir Yox à la maison, et j'aime beaucoup les différents sens de ce texte, du sens et des sens... D'autant que cela touche aussi une sensibilité artistique que... Chutt!!! Allez plutôt le lire...






Corps en jachère


On a tous, dit-on, une relation intime avec notre corps. On le regarde, on le palpe, on le caresse, mais on ne le connait pas vraiment. Quand je me vois dans la glace, bien entendu que je me « reconnais », tout en ayant l’impression… Que ce n’est pas vraiment « moi ».
C’est mon reflet que je regarde, mais c’est une étrangère que je vois. « Corps étranger », dit-on…
Certaines personnes se définissent à l’aide de leur corps. Elles le mettent en scène. Le soignent, le bichonnent, le maquillent, le tartinent de crèmes en tous genres. Puis elles le montrent, elles s’exposent, se prennent en photo. Comme si ces personnes ne se sentaient pas exister hors du regard de l’autre.
D’autres, au contraire, se sentent prisonniers, à l’étroit, enfermés dans leurs corps. Ils le ressentent comme une gêne, un appendice, une extension maladroite et inutile. Ils l’habitent… À leurs corps défendant.
Certains le malmènent. Certains le transforment. Certains le travestissent. Certains le subissent et d’autres jouent avec. Et moi … ?
Je le découvre encore, vaguement surprise, ébahie. Cela fait pourtant longtemps que l’on se côtoie, lui et moi. Que l’on vit ensemble, que je l’habite, qu’on prend la vie à bras-le-corps… Que l’on s’y lance à corps perdu.
Quand je m’imagine, que je tente de visualiser mon image dans mon esprit, il me semble que je ressemble à celle que j’étais, lorsque j’avais vingt ans. Je vieillis, je vieillis, et c’est comme si ma mémoire n’acceptait pas, ou n’arrivait pas à assimiler tout ça.
Quelques vergetures en haut des cuisses… La cicatrice de ma césarienne, « légèrement visible » selon mon homme, affreusement difforme à mes yeux, dans le reflet du miroir. La poitrine, plus aussi ferme et rebondie qu’avant. Et ma peau, glissant sous mes doigts, de moins en moins douce. Un peu plus rêche… Fatiguée…
Je ne le rejette pas, pourtant. J’ai tant d’autres choses à penser, le travail, ma fille, ses problèmes à l’école, le budget… Qu’il m’indiffèrerait presque. Je le regarde depuis presque une demi-heure maintenant, et me rend compte que ce corps ne ressent plus rien, ne communique plus avec moi, ne me parle plus depuis de si longs mois…
Plus de désir, plus de fatigue, la faim même ne se fait plus ressentir. Je suis passé en pilotage automatique, depuis si longtemps que je ne me souviens plus à quel moment tout ceci a commencé…
Je voudrais me le réapproprier. Mais comment… ?
Je quitte la salle de bain, nue, et gravis les étages qui mènent à l’atelier de mon aimé. J’ouvre doucement la porte, et contemple maintenant le sien, de corps. Assis devant ses chevalets, ses pinceaux à la main, j’observe attentivement son dos, sa nuque, que je trouvais si sensuels, avant. Il se retourne et me sourit, alors que je n’ai pas fait le moindre petit bruit. Et soudainement je sais, je sais comment faire.
Je lui souris en retour et lui demande :
- « Tu veux bien me peindre quelque chose, mon chéri  ?
- Bien sûr ! Quoi ?
- Moi…
- C’est vrai que ça fait des années…, songe-t-il tout haut, en attrapant une toile vierge.
- Non, attend, pas sur un tableau !
- Ou ça, alors ? me demande-t-il, surpris.
- Sur moi ! Peint-moi… Sur moi. Moi tel que tu me vois. Mon vrai Moi… »
Pendant une demi-seconde, il me scrute intensément, vaguement dubitatif. Puis il se lève, s’approche de moi, et me murmure  « D’accord » du bout des lèvres.
Quelques instants plus tard, allongée, les yeux fermés, je sens le premier contact du pinceau, redessinant lentement la courbe de mon coup et de mon épaule droite. Et mon corps enfin se réveille et tressaille. Un frisson agréable, doux, un frisson qui me réchauffe, le creux du ventre qui papillonne… Et de nouveau, enfin, je me sens Une.






Que sont les vases communicants?



Emprunté à Pierre Ménard:  

          « François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »
Liste des vases communicants de septembre: 

Allerarome http://revelittoral.blogspot.fr/ et Xavier Fisselier http://xavierfisselier.wordpress.com/



Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/ et Jean-Marc Undriener http://www.fibrillations.net/
collectif Claude Favre dans le jardin sauvage d'Ana NB http://sauvageana.blogspot.com / et chez G@rp http://lasuitesouspeu.net
Isabelle Pariente-Butterlin http://www.auxbordsdesmondes.fr/ et l'écureuil du net http://lecureuildunet712.wordpress.com/
Hélène Verdier http://louisevs.blog.lemonde.fr/ et Dominique Autrou http://dom-a.blogspot.fr/
Anne-Charlotte Chéron http://feenmarges.blogspot.fr/ et François Bonneau http://irregulier.blogspot.fr/
Juliette Mézenc http://www.motmaquis.net / et Virginie Gautier http://vg-ecriture.blogspot.fr/
André Rougier http://andrelbn.wordpress.com / et Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/
Christine Zottele http://etsanciel.eklablog.com et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com
eric dubois http://ericdubois.net  et jerome fandor http://archeos.blogspot.com

 

jeudi 2 août 2012

Mon corps m'échappe. Et n'en finit pas d'avoir chaud.



Dans le cadre des vases communicants de juillet 2012
"Ne pas écrire pour, mais écrire chez l'autre" 
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POIVERT:
"Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud."
Blog "Gadins et bouts de ficelle"qui nous propose un parcours au fil des textes, regards sur livres lus, sur la littérature, le cinéma, la photographie ect...
Twitter: @PoivertGBF

Thème de cet échange: La chaleur, sentiment de chaleur, rapport au corps, etc.






Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud.




La chaleur insupportable, l’atmosphère poussiéreuse et puante du RER. La peau souillée, les mains glissantes, les cheveux collés aux tempes. Les corps qui s’entrechoquent à chaque arrêt, moiteur contre moiteur, odeur contre odeur.


Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud.


Le soleil vertical de la rue à la sortie de la gare. En nage. Le souffle court. Je cherche l’ombre, le long des magasins. Elle diminue, diminue, disparaît. Alors j’avance, regarde loin devant.


Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud.


Je suis assise sous le poirier vénérable qui tente d’étendre ses dernières ramures au fond de mon jardin. Un bol de thé à portée de main, la tête penchée en arrière, je tiens mon livre du bout des doigts, délicatement. A la lisière inférieure de mon champ de vision, les lignes d’écriture frémissent, se gondolent, dansent, deviennent folles. Mes yeux se perdent dans le vague, hypnotisés par le chatoiement du feuillage qui oscille au gré d’une brise à peine esquissée. Mes doigts collent, laissent des traces humides sur la couverture du livre.


Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud.


Cette chaleur ne vient pas de l’extérieur. Elle vient de moi. Elle sourd par tous les pores de ma peau brûlante. Pourtant, loin en profondeur, je frissonne. Et de ce coin glacé de mon être que je serais bien incapable de situer, rayonne, par ondes successives, cette chaleur, cette énergie exténuante qui me laisse là, incapable de bouger, les yeux en l’air, agrippée à ce livre.


Mon corps m’échappe. Et n’en finit pas d’avoir chaud.


Alors je bois mon thé, à petites gorgées brûlantes.
Je monte à l’étage, sort une robe légère de mon armoire, la pose sur mon lit, et vais prendre une douche.








Que sont les vases communicants?

Emprunté à Pierre Ménard:  


          « François Bon Tiers Livre et Jérôme Denis Scriptopolis sont à l’initiative d’un projet de vases communicants (au départ cela s’appelait le Grand dérangement, pas peu fier d’avoir trouvé ce titre de vases communicants) : Le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.Beau programme qui a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites, ainsi qu’entre Fenêtres / open space d’Anne Savelli et Liminaire. Si vous êtes tentés par l’aventure, faîtes le savoir sur le mur du groupe Facebook des vases communicants, que chacun puisse relayer les autres... »





 Liste des vases communicants Aoutiens: 

Déborah Heissler http://deborahheissler.blogspot.fr/ et François Bonneau http://irreguslier.blogpot.com                
Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Louise Imagine http://louiseimagine.me/
Isabelle Pariente-Butterlin http://auxborddesmondes.fr/ et Philippe Agrain http://www.atelierdebricolage.net/
co errante http://ledemotoir.blogspot.fr/ et Christophe Sanchez http://www.fut-il.net/
Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976 et Elizabeth Legros-Chapuis http://2009sediments.wordpress.com/
Brigitte Célérier http://brigtoun.blogspot.com et Samuel Dixneuf-Mocozet http://samdixneuf.wordpress.com/




mardi 31 juillet 2012

Ce que j'aime dans la sanguine...




 Sorti d'un placard... (vers 2000) 

Ces deux dessins, comme d'ailleurs celui posté récemment "maternité" datent des premières années du nouveau millénaire... Autant dire que ça fait déjà un bail...

Comment? En feuilletant des magasines, en choisissant les pages de papier glacé avec une position qui m'intéresse, une forme, un mouvement. Ces deux dessins sont donc réalisés d'après photo.












 Ce que j'aime, dans les pastels, c'est le trait qui demeure, la trace assumée du dessin, le mouvement, la ligne. Mais c'est aussi d'avoir les mains entièrement colorées, d'utiliser les doigts pour lisser, pour tirer la couleur, pour flouter.
C'est doux, une feuille de papier....





Pour ce qui est de la sanguine, c'est encore un peu différent. Outre le nom "sanguine" qui résonne en moi comme un poème, avec une promesse de couleur, de violence, d'amour, de vie.... Il y a cette couleur terre. Les ocres comprennent bien cela, et je sens un peu cette odeur lorsque je vois des dessins à la sanguine, l'odeur de la terre, du sable, des mains rougies... Comme quelquechose qui me rapprocherait d'un "essentiel", d'un "instinctif"....

Il faudra encore leur trouver un titre, à ces deux dessins, les nommer...






jeudi 5 juillet 2012

"Et vous, là-bas", Danielle Masson

 
Dans le cadre des vases communicants de juillet 2012
"Ne pas écrire pour, mais écrire chez l'autre" 
Lien et rendez-vous ici ou ici.


Danielle Masson


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Et moi, je viens déposer mon texte en catimini… ici...
Après avoir reçu la permission d’écrire sur le dessin du profil de mon hôte…

Et vous, là-bas !!!


Parfois, j'ai l'impression que ma vie est comme un tricot raté: tout effiloché, avec des morceaux manquants.
Annelise Heurtier (1979 - ) - Le carnet rouge (2011)








Il est 14.32… il est temps de vous remettre au travail. Vous n’êtes pas payée pour faire la sieste, je pense. Il vous est autorisé très exactement 12 minutes de sieste par jour, chaque jour à partir de 14.00 précises. Là, vous abusez… vingt minutes de dépassement !!! de mon temps, j’aurais pris la porte pour moins que cela.
Mon rapport sur la fabrication de viande de synthèse et toutes ses conséquences, tenants et aboutissements, je vais l’attendre longtemps à ce régime là.






Maintenant, c’est vous Clara qui me surprenez. Je sais qu’il fait 40° dehors… je le vois comme vous sur la croix verte de la pharmacie qui clignote juste en face de la fenêtre de mon bureau. Mais ici, Clara vous êtes ma secrétaire, la secrétaire du célèbre avocat d’affaires, Anselme Tinange. Vous croyez que je peux tolérer une telle désinvolture dans votre tenue vestimentaire. Clara ! cachez ce dos… mon sang risque de ne faire qu’un tour et nous le regretterons tous les deux.






Non, vous n’allez pas vous mettre à pleurer !
Clara ! Que venez-vous de me dire ?
On ne peut pas mélanger travail et affaire de cœur.
Clara ! Et notre différence d’âge. Comment cela ! Elle n’existe pas ! Mais Clara, je pourrais presque être votre père.
Eh oui Clara !
Clara, nous allons le regretter tous les deux.
Clara















 













Clara !
Votre dos, votre cou, vos lèvres !!!
Clara… vous me tentez…
Clara…
CLARA !


-      14.52… Clara, mon rapport ! Cela ne peut plus attendre !
-  Oui, Monsieur Tinange… tout de suite…


© 2012 - 32 Octobre




Et que sont les VASES COMMUNICANTS ?
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